ILERI et le monde prend une autre dimension

Conférence

Séminaire Eric de la Maisonneuve

Vendredi 21 avril, l’ILERI accueille Eric de la Maisonneuve dans le cadre de séminaires réservés aux étudiant.e.s. Saint-Cyrien ayant effectué l’essentielle de sa carrière dans des postes de commandements, il est fondateur et président de la Société de Stratégie et a enseigné dans de nombreuses universités et écoles françaises ou étrangère. Notre invité viendra nous parler du Contre-Choc des Civilisations.

Présentation de l’intervention : 

La mondialisation actuelle, à la différence des précédentes, est une GLOBALISATION. Cela signifie que, dans tous les domaines des activités humaines, elle tend à intégrer, normaliser, uniformiser tout ce qui était jusqu’alors spécifique aux peuples, aux Etats, aux nations, voire aux individus.

Ce tsunami balaye devant lui les barrières, qu’elles soient culturelles, physiques et économiques, pour ne constituer qu’un seul « territoire » sans repères ni frontières. Ce phénomène est non seulement brutal mais d’une rapidité inouïe et inédit dans l’histoire de l’humanité. Il est en outre sous obédience occidentale, sous la direction des « puissances » conquérantes et dominatrices du monde depuis cinq siècles.

Un tel choc de « globalisation », fondé sur une certaine idée de l’individu – droits et liberté –  provoque en retour les réactions d’autres civilisations qui s’estiment niées ou insultées dans leurs croyances (monde asiatique, monde arabo-musulman) ; il réveille le spectre millénaire des empires, fondés eux aussi sur une vision globale du monde ; il offre enfin aux individus des terrains d’aventure et des espaces de liberté réservés jusqu’alors à quelques-uns.

Ce faisant, il remet en question le système international fondé depuis les traités de Westphalie (1648), le Congrès de Vienne (1815) et la charte des Nations unies (1945) sur la souveraineté des Etats-nations, définis par leurs frontières physiques et leurs lois politiques.

C’est l’Etat-nation – la « démocratie » – qui est atteint par une globalisation non endiguée, ni maîtrisée ni régulée, pris en étau entre la résurgence d’empires autocratiques tout-puissants et indifférents aux règlements internationaux (Crimée, mer de Chine méridionale, COP 21…) et la montée en puissance inexorable des « sociétés civiles », dont les individus exercent leurs droits en toute liberté-impunité.

De ce conflit entre les empires et les Etats-nations dépend l’avenir des « démocraties ». Et du désaccord entre l’Etat et les individus dépendent les formes de gouvernement des sociétés.

C’est en se recentrant sur l’essentiel (le régalien) que l’Etat-nation peut retrouver son efficacité et tuer dans l’œuf les ambitions impériales ; c’est en valorisant la « société civile » et en lui confiant une part accrue de responsabilité (dans l’éducation notamment) que l’Etat peut retrouver une légitimité actuellement contestée.

 

Publié le 7 mars 2017

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