L’Ukraine, une terre étrangère pour la Russie ? | ILERI

Actualité

L’Ukraine, une terre étrangère pour la Russie ?

Si les deux pays sont devenus des entités séparées et « étrangères », il apparaît bien que la Russie reste présente en Ukraine, notamment linguistiquement et culturellement et possède aussi de multiples intérêts historiques, sécuritaires, mais aussi économiques ; ses intérêts géopolitiques l’ont conduit, en mars 2014, à réintégrer la Crimée en son sein. Pour le futur, soit l’Ukraine prend en compte sa réalité biculturelle 
et bi-linguistique et devrait alors conserver son unité, soit, dans le cas contraire, l’accentuation de sa partition n’est pas improbable. Devant la façon dont les États-Unis, l’Union européenne et les nouvelles autorités ukrainiennes des mois de l’après-Maïdan traitent cette réalité géodémographique, on peut se demander si elles ont assimilé la question des groupes humains minoritaires qu’enseigne la géopolitique des populations ? Le risque est que, faute d’une solution négociée, l’Ukraine se retrouve doublement perdante : territorialement avec le départ déjà consommé de la Crimée et le risque de partition d’autres régions de l’Est, et économiquement, car la Russie pourrait ne plus vouloir faire de cadeaux à l’économie de Kiev tandis que l’UE n’a pas les moyens de porter à bout de bras un pays comptant une population aussi nombreuse alors que l’évolution de l’Ukraine vers un véritable État de droit, enrayant par exemple des pratiques intenses de corruption, demande du temps. À moins que, de part et d’autre, la raison ne finisse par prévaloir face à l’ampleur d’autres conflits qui comportent des risques de déstabilisation aussi bien pour l’UE que pour la Russie.

Retrouvez l’article complet sur le blog de l’ILERI : www.esprit-ri.fr

Publié le 2 octobre 2015